La Liturgie ou le service d'organiser la prière pour la communauté et nos hôtes
Saint Benoît donne des instructions précises sur l’ordonnance de la récitation des psaumes.
Ainsi, au chapitre 12 : comment célébrer les Laudes le dimanche.
Le dimanche à Laudes, on récite d'abord le psaume 66, puis le psaume 50, ensuite les psaumes 117 et 62, 4 puis le cantique des trois enfants (Daniel 3, 57-88), les psaumes de louange (Psaumes 148, 149 et 150), une lecture de l'Apocalypse par coeur avec le répons, l'hymne, le verset, le cantique de l'Évangile (Luc 1, 68-79), la litanie , et l'office est terminé.
Et dans le chapitre suivant, les Laudes en semaine
Les jours ordinaires, voici comment on célèbre l'office de Laudes.
On dit le psaume 66 sans antienne, en traînant un peu, comme le dimanche.
Alors tous les frères [qui auraient eu un peu de mal à sauter du lit !] ont le temps d'arriver pour le psaume 50 qu'on dit avec antienne (c’est-à-dire un verset qui introduit au chant du psaume en en donnant une clé de lecture).
Ensuite on dit deux autres psaumes, selon la coutume : le lundi : les psaumes 5 et 35 ; le mardi : les psaumes 42 et 56 ; le mercredi : les psaumes 63 et 64 etc.
En tout cas, on ne termine jamais la prière du matin et du soir (Laudes et Vêpres) sans dire le « Notre Père ».
Pourquoi ?
A cause de la 5e demande du Notre Père : « Pardonne-nous, comme nous pardonnons, nous aussi. »
Nous savons tous que la vie commune est un lieu d’exercice de la charité fraternelle.
Si nous avons reçu ou donné au cours de la journée ces blessures d’épingles si courantes, bénignes en soi, elles sont soignées et réparées par l’engagement que chaque membre de la Communauté prend en pardonnant du fond du cœur.

Saint Benoît fixe le nombre de psaumes à réciter et à quel moment du jour ou de la nuit… avec un soin extrême.
Mais lorsqu’il a terminé ces longs chapitres il énonce un principe très précieux :
Avant tout, nous insistons sur ce point :
si l'ordre des psaumes donné ici ne plaît pas à quelqu'un, il peut choisir un autre ordre qu'il juge meilleur.
A l’époque de Saint Benoît et pendant des siècles, on a récité le livre des psaumes en entier réparti sur une semaine.
De nos jours à Jouarre, nous récitons le psautier distribué sur deux semaines.
Laissons la parole à Saint Benoît :
Si, pendant la semaine, les moines ne chantent pas les 150 psaumes avec les cantiques habituels, ils montrent vraiment trop de paresse dans le service qu'ils ont promis.
En effet, nous lisons que nos saints Pères ont fait cela courageusement en un seul jour (réciter les 150 psaumes)!
Et nous, qui n'avons pas la même ardeur, hélas, nous devons chanter au moins tous les psaumes en une semaine.
Règle de Saint Benoît, chapitre 20
du respect à avoir pendant la prière
"Quand nous voulons demander quelque chose à des gens puissants, nous n'osons le faire qu'avec humilité et grand respect.
Alors, quand nous supplions le Seigneur, le Dieu du monde entier, nous devons le faire avec plus d'humilité encore, avec un coeur pur et tout donné à Dieu.
Et nous le savons : Dieu nous exaucera, si nous prions non pas avec beaucoup de paroles, mais avec un coeur pur, peiné jusqu'aux larmes d'avoir offensé Dieu.
C'est pourquoi la prière doit être courte et pure, sauf si Dieu, dans sa bonté, nous touche et nous inspire de prier plus longtemps.
Mais, en communauté, la prière sera très courte.
Et, dès que le supérieur donnera le signal, les frères se lèveront tous ensemble."

Tout cela vous explique bien que la liturgie est réellement un travail à l'Abbaye.
Des soeurs sont nommées pour organiser les offices, préparer les chants, l'accompagnement, les feuilles et livrets, et tous les rites (encensement, illumination de l'Evangile par les bougies etc.).
Une équipe ou commission de liturgie se réunit régulièrement pour revivifier l'élan communautaire.
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