RB 7 le pharisien et le publicain PDF Imprimer Envoyer

Voici un passage de la Règle de saint Benoît

qui est un commentaire de la Parabole de Jésus sur le Pharisien et le Publicain.

  1. le texte de la Règle,

  2. un commentaire de la Règle par une soeur bénédictine

Règle de Saint Benoît, chapitre 7, v/ 62-66 benoit4

Voici le douzième degré d'humilité:

Le moine non seulement possède cette vertu d’humilité dans son cœur, mais encore la manifeste au dehors par son attitude.

 

A l'Œuvre de Dieu, à l'oratoire, dans le monastère, au jardin, en chemin, aux champs, qu'il soit assis, en marche ou debout, il aura toujours la tête inclinée, le regard fixé à terre.

 

Se sentant à toute heure chargé de ses péchés, il se voit déjà traduit devant le tribunal redoutable de Dieu, et répète toujours dans son cœur ce que le publicain de l'Evangile disait, les yeux fixés à terre:

 

"Seigneur, je ne suis pas digne, moi pécheur, de lever les yeux vers le ciel".

 

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Commentaire par Sr Michaela Puzicha, osb. :


La disposition à l’humilité, lorsqu’elle est profondément ancrée dans le cœur, affecte jusqu’à l’apparence extérieure du moine, prenant possession de lui et s’incarnant en lui.

Cette attitude marque le moine en tous lieux et en toutes situations.

Ce qui pourrait paraître une attitude bigote, la tête inclinée et les yeux baissés, a un profond enracinement biblique.


Le regard fièrement levé et la tête dressée sont les marques de l’impie ; celui qui craint Dieu baisse les yeux, comme le publicain de l’évangile.

Les moines sont tout à fait conscients que nul n’est parfait devant Dieu. Et pas seulement les moines !

 

Ecoutons saint Cyprien, un Père de l’Eglise, commenter l’attitude du publicain de la parabole :

" Ce n’était pas avec les yeux levés vers le ciel qu’il implorait le secours de la miséricorde divine… Car ce n’était pas de son innocence qu’il espérait son salut - puisque personne n’est innocent – mais il confessait ses péchés et priait plein d’humilité ".

 

Une prière continuelle est recommandée au moine :

"Seigneur, je ne suis pas digne, moi pécheur, de lever les yeux vers le ciel".

Elle condense les paroles évangéliques de l'enfant prodigue et du publicain.


A la ruminer sans cesse, le moine se laisse travailler par la Parole et pénétrer par l’humilité.

 

 

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