Homélie
Prière universelle
DEUX PAR DEUX
(Marc 6/7-13)

Ici, dans sa patrie, Jésus vient d’être rejeté alors qu’il enseignait dans la synagogue. Cette étape de son ministère est terminée, désormais il ne sera plus question de synagogue, il enseignera dans les villages. L’attention se centre davantage sur les Douze. Ils avaient été appelés pour être avec lui, proclamer la parole, chasser les démons, mais ils n’étaient pas encore passés à l’acte. Maintenant le moment est venu, Jésus les envoie deux par deux et leur donne autorité sur les démons impurs.
Deux par deux : pour s’épauler, en frères. Parmi eux, Simon et André, Jacques et Jean l’étaient déjà, mais il s’agit d’une autre fraternité. Elle ne se fonde plus sur les liens du sang, mais sur un envoi commun. Ce chiffre deux est important, parmi eux et dans la première communauté. Quand on est deux la tentation de s’accaparer l’autorité reçue est moins grande. Chacun a sa manière propre de dire la parole, ce qui laisse de la liberté à l’auditeur.

D’OÙ CELA LUI VIENT-IL ?
(Marc 6/1-6)

« Ils étaient choqués à son sujet »

Tant que Dieu est loin de nous, il ne nous dérange pas, pas plus qu’un orage quand il tonne au loin, ou une guerre au Yémen. On allait visiter Dieu au temple de Jérusalem tous les ans. Entre temps il ne dérangeait pas trop les gens de Nazareth.. Mais quand l’un d’eux se met à parler en public comme jamais personne ne l’a fait et même accomplit des actions étonnantes, alors on ne comprend plus.

Or Dieu n’est il pas au milieu de nous ? Ne sommes-nous pas réunis en son Nom ? Ne nous invite-t-il pas à tendre l’oreille, et à regarder de plus près où nous en sommes avec nos frères et sœurs, nos proches, nos voisins, si nous sommes vraiment bons, aimables, justes ? Tout ce que fait Jésus, ce qu’il dit, c’est pour nous aider à répondre à la question : Qui est Dieu ? Comment est-il ? Et aussi comment lui ressembler, puisque nous sommes créés à son image et ressemblance. Nous avons d’abord à nous connaître, à prendre conscience de ce que nous sommes, de ce qui nous forme ou nous déforme.
Nous ne devons pas avoir peur de dire ce que nous sommes, ce que nous croyons, notre vérité. Jésus pouvait dire qu’il était la Vérité, le chemin qui nous conduit vers lui.

TOUCHER JESUS CHRIST
(Marc 5/21-43)

 

Pourquoi l’évangile a-t-il emboîté ces deux miracles ?
Parce qu’il s’agit de femmes, alors tenues pour quantité négligeable ? On veut faire remarquer que le Christ leur apporte le salut tout comme aux hommes, qu’elles soient jeunes ou âgées.
Remarquons que dans le premier récit beaucoup de personnes touchent le Christ, mais qu’une seule est guérie. Pourtant cette foule a une certaine foi en Jésus, mais cette femme a une motivation particulière. Elle a épuisé tous les moyens de guérison, elle a dépensé tous ses biens, elle est au bout du rouleau et il ne lui reste plus que cette foi en Jésus. Dieu laisse ainsi parfois aller les choses très loin, sur l’arête entre la vie et la mort. C’est toute la pauvreté de l’homme qui a besoin de manquer pour penser au Père, comme dans la parabole des deux fils, à propos du fils prodigue.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre