Homélie
Prière universelle
QUE FAUT-IL FAIRE ?
(Luc 3/10-18)

 
« Réjouissez vous dans le Seigneur car il vient ! »

Tous les textes de ce dimanche nous parlent de la joie. Nous avons besoin d’entendre cela alors que tant d’événements nous disent le contraire, sans parler de tous ceux qui voient la foi chrétienne comme une doctrine austère, pleine d’obligations, d’interdits, de devoirs. Il est vrai que nous avons insisté trop souvent sur la morale, alors qu’elle n’est pas première, mais une conséquence naturelle de la foi, d’une attention amoureuse à Dieu par le Christ, le Christ et non pas ce que je fais ou ne fais pas. Saint Paul a passé son temps à nous expliquer que nous sommes sauvés non par l’observation de la Loi, mais par la foi. C’est affaire de relation. « Ne soyez inquiets de rien » vient-il de nous dire dans la seconde lecture. La première nous a dit à trois reprises que le Seigneur est en nous, et qu’il trouve en nous sa joie.

CELUI QUI CRIE DANS LE DÉSERT
(Luc 3/1-6)

Au début de son évangile, Luc déclarait : « Il m’a paru bon, à moi aussi, après m’être soigneusement informé de tout à partir des origines, d’en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus » 1/1-4. C’est ce qu’il fait dans l’énumération que nous venons d’entendre. C’est bref, précis, cela suffit. Il suggère aussi que les événements qu’il raconte ne se sont pas déroulés dans un coin perdu de l’univers, mais qu’ils concernent le monde entier.
Contraste saisissant, la Parole de Dieu, celle qui fait exister l’univers n’est adressée à aucun de ces potentats qui le gouvernent, mais au fils de Zacharie, dont on ignore les titres, même pas s’il est prêtre comme son père.

LEVEZ LA TÊTE
(Luc 21/ 25.28 34.36)

Ce début de l’évangile ressemble beaucoup à ce que nous entendons chaque matin quand nous prenons notre petit déjeuner ou lorsque nous déplions notre journal.
Ce langage est emprunté à un genre littéraire qui ne date pas d’aujourd’hui, car il s’est développé en gros entre les années 150 av. J.C et 100 après, dans la littérature juive, une façon de parler de choses que l’on ignore. Celui qui parle est un visionnaire qui prétend avoir une connaissance secrète du passé, du présent et de l’avenir, et surtout de la fin des temps. Il abonde en images, en symboles, parfois terrifiants pour exprimer le combat ultime entre Dieu et les armées de Satan.
Sans avoir à y recourir, nous pouvons exprimer la même chose en parlant du réchauffement de la planète, trous dans la couche d’ozone, la crise qui s’installait, de la PMA, de la guerre, la vraie, celle qui écrase les populations, les jette sur les routes de l’exode. Ce sont toujours les petits peuples qui en font les frais : Syrie, Palestine, Yémen, Sahraouis, Afghanistan, combien d’autres...

Dans les apocalypses, tout est décidé d’avance.
Mais il n’en va pas de même dans l’évangile
qui insiste fortement sur la liberté de l’homme

dans son rapport à l’histoire et à son accomplissement.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre