Homélie
Prière universelle
AFIN QUE LE MONDE CROIE
(Jean 17/20-26)

Grâce à cet évangile de Jean, nous venons de voir et d’entendre Jésus prier. Ce n’est pas la première fois. Souvenez-vous, à plusieurs reprises ses disciples l’ont vu prier la nuit, souvent à l’écart, au point qu’ils ont osé lui demander un jour : « Apprends-nous à prier ! » Il leur a enseigné le Notre Père. Ils l’ont entendu dire : « Je te rends grâce ô Père d’avoir caché ces choses aux sages et aux puissants et de les avoir révélées aux tout petits ! » La prière faisait partie de sa vie, mais cette fois c’est autre chose.

L’heure est grave, nous sommes à quelques instants de la trahison, de l’arrestation. La violence et la mort rodent. Mais l’heure ruisselle d’amour.

« Ayant aimé les siens qui étaient dans ce monde, il les aima jusqu’au bout »…
« …pour qu’ils ne fassent qu’un comme toi en moi et moi en toi et que le monde croie»

ASCENSION
(Luc 24/46-53)

« Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils revinrent à Jérusalem en grande joie »

Ne plus pouvoir entendre, voir, toucher quelqu’un que l’on aime, c’est une dure épreuve. Comment expliquer cette joie dont parle St Luc ?

Au mieux il arrive qu’un sentiment nouveau apparaisse, la certitude d’une autre forme de présence de l’absent. Au souvenir du passé, l’on comprend mieux des attitudes, des paroles, le sens profond d’une vie. On s’engage alors à poursuivre une œuvre, à prolonger un engagement.

C’est une approche très humaine de ce qu’ont vécu les apôtres après l’Ascension et la Pentecôte, mais il y a bien plus que cela : Jésus les a quittés, mais soudain il est là, plus visible, plus réel que jamais. Disparu à leurs yeux, il est entré dans un ordre de réalité jusque là inconnu, celui que, faute de mieux, nous nommons celui des corps glorieux
Ils peuvent alors partir dans le monde dire que Dieu est avec nous jusqu’à la fin des temps.

Essayons d’approfondir un peu…

UN SEUL ESPRIT, UN SEUL CORPS Jean 14/23-29

Comme dimanche dernier, nous sommes dans la salle du Cénacle, à quelques heures de l’arrestation de Jésus. Un au revoir, ou plutôt un à Dieu. Désormais, comme les apôtres nous ne rencontrons plus Jésus que dans sa présence divine, son habitation en nous par son Esprit. Elle est permanente, nous pouvons sans cesse le rejoindre, l’écouter, car il nous parle, non pas matériellement, mais dans ce dialogue intime qui constitue notre vie spirituelle.
Elle peut se pervertir quand elle n’est pas aussi ouverture aux autres, car l’Esprit est Esprit d’amour, et son habitation en nous est liée au fait de l’aimer..

« Si quelqu’un m’aime il observera ma parole et, mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure »
Jn 14/23

Pas toujours facile, car il doit se frayer un chemin dans le brouhaha de paroles étrangères et souvent mensongères.

L’Esprit est là qui nous redit et nous fait comprendre ce que Jésus nous a dit.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre